Voilà mon stand avec la nouvelle structure en bois, construite par Jean-Michel, me permettant de suspendre mes étoles.
Ce fut une belle édition, dommage que les visiteurs ne furent pas aussi nombreux que d’habitude, préférant sans doute rester au frais. Cependant, les visiteurs qui avaient trouvé le courage de braver la chaleur ont pu admirer le travail des exposants, partager un moment convivial et acquérir des pièces d’exception.
Cette manifestation est très importante pour toute la communauté des amoureux du fil, du tissage et de l’artisanat. Le textile ici ne se regarde pas seulement, il se raconte, se touche et se découvre au fil des rencontres.
Voici quelques images de cet événement :
Étole en soie : Chaîne en soie perlée de Madagascar et trame en soie filée main.
Pour les deux écharpes ci-dessous, j’ai utilisé de la bourrette de soie : La bourrette est obtenue à partir des fibres courtes situées à la périphérie du cocon. Ces fibres donnent un fil mat, légèrement texturé, qui apporte du relief aux tissages.
Bien que le toucher soit plus sec que celui de la soie, la bourrette conserve ses mêmes propriétés thermorégulatrices, respirantes et hypoallergéniques. Les pièces restent donc utilisables en toute saison, même pour les peaux sensibles.
Écharpes beiges en bourrette de soie
Étole mérinos et soie
Étole mérinos et tencel
Le Tencel, aussi appelé lyocell, est une matière écologique produite à partir de pulpe de bois et d’un solvant non-toxique. Le tencel est très apprécié dans le textile, car il est un tissu respirant et résistant, très comparable à la soie. Il est parfois appelé soie végétale.
Couvertures pour bébé en coton
Petites couvertures de bébé en coton biologique, pour l’été, elles sont douces au toucher et absorbantes et résistantes.
Je suis très heureuse de vous présenter mes dernières réalisations en tissage fin : des étoles et une écharpe qui cherchent leur nouveau ou nouvelle propriétaire.
Pourquoi choisir une étole ou une écharpe faite main ?
Acheter un article tissé à la main, c’est d’abord choisir un objet qui a une histoire. J’ai sélectionné les fibres, préparé les fils, réglé le métier, puis tissé lentement, geste après geste. Rien n’est standardisé. Chaque article porte de légères variations, une texture particulière, un rythme propre. C’est précisément ce qui le rend unique, loin des productions uniformes.
Étole en lin beige
Matières : Lin et soie filée main
Dimensions : 40×200 cm
Prix : 180,00 €
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C’est aussi faire le choix de la qualité et du temps long. Les matières sont choisies avec soin, pour leur tenue, leur douceur et leur durabilité. Le tissage artisanal permet d’obtenir des étoffes solides pensées pour accompagner les saisons sans se déformer ni perdre leur caractère. Une étole ainsi réalisée n’est pas un accessoire jetable mais une pièce que vous garderez toute votre vie.
Étole rouge clair
Matières : Mérinos et Tencel
Dimensions : 60×200 cm
Prix : 230,00 €
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Enfin, acheter une étole artisanale, c’est soutenir un savoir-faire et une manière de produire plus respectueuse qui s’inscrit dans une histoire locale. Je travaille à petite échelle, en privilégiant des matières naturelles et des procédés simples. Derrière chaque pièce, il y a un choix : celui de faire autrement, de prendre le temps, et de maintenir vivant un métier qui relie la main, la matière et le territoire.
Étole rouge foncé
Matières : Mérinos et Tencel
Dimensions : 60×200 cm
Prix : 230,00 €
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La douceur de l’alpaga (et de l’alpaga suri, en particulier) se découvre dès le premier contact. Au cœur de l’hiver, lorsque le froid se fait plus vif et que le besoin de chaleur devient presque instinctif, vous prendrez plaisir à vous enrouler dans cette écharpe en alpaga. La fibre, à la fois légère et isolante, conserve la chaleur tout en laissant respirer, offrant un confort discret et profond, comme une présence rassurante posée sur vos épaules.
Écharpe en alpaga
Matières : Alpaga Suri
Dimensions : 30×180 cm
Prix : 110,00 €
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Dans la perspective occidentale contemporaine, le textile est souvent réduit à sa dimension utilitaire ou décorative. Un vêtement sert à se couvrir, une étoffe à orner un intérieur… Pourtant, pour qui sait lire entre la chaîne et la trame, le tissu n’est pas un simple objet. Il est une infrastructure de la pensée, un réceptacle du sacré et une extension vivante du langage. Tout comme chez les kogis, pour certains peuples africains, l’étoffe ne se porte pas seulement, elle se « parle » et se « vit ». Et si le métier à tisser n’était pas une simple machine artisanale, mais le moteur même de la création du monde ?
Chez les Dogons du Mali, le textile et le langage sont les deux faces d’une même pièce. Selon les récits du sage Ogotemmêli recueillis par Marcel Griaule, le tissage est la réactualisation de la révélation initiale du Verbe. Le métier à tisser est conçu comme l’univers et le geste de l’artisan imite une mécanique divine où l’anatomie d’un génie primordial se confond avec les pièces techniques de la machine.
Un récit relate comment le Septième Génie (un Nommo), ancêtre primordial, a littéralement « expectoré » le textile pour transmettre la connaissance aux hommes :
« Le jour venu, à la lumière du soleil, le Septième génie expectora quatre-vingts fils de coton qu’il répartit entre ses dents supérieures utilisées comme celles d’un peigne de métier à tisser. Il forma ainsi la plage impaire de la chaîne. Il fit de même avec les dents inférieures pour constituer le plan des fils pairs. En ouvrant et refermant ses mâchoires, le génie imprimait à la chaîne les mouvements que lui imposent les lices du métier. […] Tandis que les fils se croisaient et se décroisaient, les deux pointes de la langue fourchue du génie poussaient alternativement le fil de trame et la bande se formait hors de la bouche, dans le souffle de la deuxième parole révélée. […] Elles étaient le tissu lui-même et le tissu était le verbe ».
Dans cette fusion entre corps et technique, les dents du génie deviennent le peigne, ses mâchoires agissent comme les lices (heddles) qui ouvrent la chaîne, et sa langue fourchue fait office de navette (shuttle). Ce lien entre langage et textile transforme chaque geste du tisserand en un acte sacré, où l’ordre du monde est recréé à chaque passage de la trame.
L’armure invisible : Le vêtement comme protection spirituelle
En Afrique de l’Ouest, le textile remplit une fonction de bouclier contre les forces malveillantes. Plus qu’une parure, le vêtement peut devenir une « armure spirituelle » par l’adjonction d’objets chargés de puissance (barakah ou force vitale).
Un paradoxe régit ces objets : leur efficacité est souvent proportionnelle à leur discrétion. La puissance d’une tunique de chasseur ou d’un boubou de dignitaire augmente lorsqu’elle est dissimulée sous d’autres couches de vêtements. À même la fibre, on coud des amulettes protectrices :
Des petits sacs de cuir contenant des substances végétales ou des parties d’animaux.
Des fragments de papier portant des écritures ou des diagrammes ésotériques.
Des talismans peints directement sur le coton.
Le cas du Bogolanfini (mudcloth) chez les Bamana du Mali est exemplaire. Teint avec une boue fermentée qui interagit chimiquement avec les tanins des plantes, ce tissu n’est pas qu’un apparat. Il sert de bouclier spirituel pour les jeunes filles lors de leur initiation et pour les chasseurs s’enfonçant dans la brousse, lieu de rencontre avec des entités imprévisibles.
En Afrique, le textile n’est pas un accessoire de la vie, il en est la trame structurelle. Qu’il s’agisse de la parole expectorée par le génie Dogon ou des effigies de laine des Bwende, le tissu agit comme une infrastructure de la foi et de la mémoire, reliant l’individu au cosmos.
Dans notre époque de « fast-fashion » où le vêtement est devenu un objet jetable et désacralisé, cette vision nous invite à une réflexion nécessaire. Et si les objets qui nous entourent possédaient, eux aussi, une charge symbolique que nous avons désappris à lire ? Quel « verbe » portez-vous aujourd’hui sur vos épaules ?
Notre filature « Au fil de la Double » a été inaugurée il y a un an tout juste, le 11 mai 2025.
Cet événement a rassemblé de nombreuses personnes à Echourgnac et a été l’occasion de dévoiler enfin le lieu au public mais également de présenter les machines et leur fonctionnement ainsi que les différentes techniques du travail de la laine : cardage, filage, tissage et feutrage.
FilageFilageFilageFeutrageTissage
Nous avons ainsi fait découvrir la cardeuse, le rouet, le métier à tisser et la machine à feutrer, en prenant le temps d’expliquer chaque étape. Le passage de la fibre brute au fil, puis du fil au tissu, s’est dévoilé progressivement, au rythme des démonstrations. Ces moments ont suscité beaucoup de questions et d’échanges, preuve de l’intérêt pour ces savoir-faire anciens que nous remettons au goût du jour.
Démonstration du fonctionnement de la cardeuse
Le public a également pu parcourir les différents espaces de la filature, pensés comme un lieu de travail mais aussi de transmission.
Une exposition-vente présentait plusieurs créations réalisées sur place, notamment des tapis, permettant d’apprécier concrètement le résultat de ce travail artisanal.
Enfin, cette inauguration s’est prolongée autour d’un moment convivial, où nous avons pu échanger librement avec les visiteurs. Ce temps de partage a contribué à faire de cette journée une première étape importante dans la vie de la filature.
En pratique
Horaires d’ouverture au public : les mardis de 10h à 17h
Au fil de la Double 1719 route Eugène Le Roy 24410 ECHOURGNAC pastoralismeendouble@gmail.com www.aufildeladouble.fr
Notre projet de création d’une filière laine pour la revalorisation de la laine de brebis est en bonne voie de développement.
Nous sommes heureux de vous annoncer que Thérèse Kohler a acquis une grange de 200 m2 sur la commune d’Echourgnac, qui est actuellement en cours de rénovation. Ce bâtiment spacieux pourra accueillir toutes les machines nécessaires à la valorisation de la laine, une fois les travaux terminés.
Le toit a déjà été entièrement remanié, des cloisons ont été abattues et une chappe en béton sera coulée prochainement pour pouvoir installer notre cardeuse, qui pèse pas moins de 30 tonnes. Nous avons également prévu un drainage autour du bâtiment pour empêcher les eaux de ruissellement de s’infiltrer à l’intérieur.
Un plancher a été mis en place pour accueillir des métiers à tisser dans notre futur atelier de tissage. Deux escaliers ont été fixés pour faciliter l’accès à l’étage où nous pourrons stocker la laine brute et lavée, ainsi que les sacs de Fertilaine, notre transformation innovante d’une partie de la laine brute en granulés fertilisants.
Nous avons déjà stocké une machine à feutrer et un métier à tisser de 2m50, qui nous permettront de tisser de grands tapis. Notre objectif est de proposer des stages de tissage et de feutrage à l’usage des professionnels et des amateurs, afin de partager notre savoir-faire et notre passion pour la laine.
Nous souhaitons également inciter d’autres éleveurs à rejoindre notre association, afin de ne plus perdre la laine des brebis, mais de la valoriser ensemble. Nous croyons fermement que la collaboration et la mutualisation des ressources sont les clés d’une filière laine durable et prospère.
Chaque année, le pittoresque village de Varaignes, niché au cœur de la Dordogne, se transforme en un véritable paradis pour les passionnés de tissage et de filage.
L’édition 2023 du marché des Tisserands, un événement incontournable pour les amoureux des arts textiles organisé par l’Association Fils et métiers, n’a pas fait exception.
Pendant le week-end de la Pentecôte, la cour du château et les alentours se sont animés au rythme des navettes de tissage et des rouets, offrant aux visiteurs une expérience unique de l’univers du tissage et du filage traditionnels.
Artisans talentueux, démonstrations, ateliers pratiques et produits d’exception étaient au rendez-vous pour célébrer la richesse et la diversité de ces savoir-faire ancestraux. Les visiteurs ont eu l’occasion de rencontrer, d’échanger et de se laisser inspirer par les tisserandes et les fileuses. Ils ont également pu découvrir les dernières tendances et techniques en la matière, tout en profitant de l’ambiance conviviale et chaleureuse de ce marché d’exception.
Comme chaque année, j’ai pris beaucoup de plaisir à participer à cet événement en tenant le stand de Faire et Fil.
Voici un petit reportage photo de ce beau week-end.
Je file sur le standEcheveauxLe stand
Pastoralisme en Double
Thèrése présentait notre travail de collaboration et de valorisation de la laine de ses moutons.
Des nombreuses pelotes filées main pour le tissage des tapis ainsi que de la laine cardée par nos soins étaient à vendre. De grands tapis ont trouvé leur place d’exposition ainsi que des tapis de dimension moyennes avec des fils insérés de couleurs végétales .
Notre stand de présentationTapis et ChapeauxTapis entre terre et ciel
Pour la première fois, j’ai participé au mois de juin à l’exposition de Fils et Métiers au marché des Tisserands à Varaignes. Le thème de cette année était « Reprises, repriseS »
sur(e)prise
Tissage en lin filé main et papier végétal à base d’orties et cellulose
Par cette création, j’ai essayé d’exprimer les différents sens que » Reprises, repriseS » représentaient pour moi.
La chaîne est double : une chaîne en lin qui représente la couche de fond et une 2ème chaîne en lin flammé me permettant de faire une fenêtre superposée, dans laquelle je peux glisser des matières ou tisser des matières différentes. J’ai utilisé 2 ensouples pour équilibrer les tensions.
voici ma 1ère suspension
1ère suspension :
La 1ère fenêtre exprime un raccommodage textile .
La 2ème fenêtre utilise du papier végétal à base d’ortie et papier shifu , pourquoi ne pas repriser avec ce que l’on a sous la main…
La 3ème fenêtre représente la reprise musicale, avec insertion de papier musique, comme les reprises rituelles de la vie…
La 4ème fenêtre exprime la reprise d’un végétal. Même dans des conditions difficiles, la nature reprend ses droits…
Voici la 2ème suspension
La 2ème suspension
La 5ème fenêtre utilise du fil fantaisie de papier coloré pour exprimer la reprise de la vie, après une période morose.
La 6ème fenêtre reprise sur(prise) , la lumière renaît après l’obscurité.
Voici le détail de la reprise musicale
Dans la vie tout est reprise…que ce soit les rituels de la vie… la répétition : imitation et restitution d’un énoncé (d’une parole, d’une phrase musicale ou d’un geste…), remémoration et reconstitution d’une situation, ré exploration et renouvellement d’un état…
Détail de la dernière fenêtre
Voici la sur prise: Les papiers colorés évoquent le renouveau après une période sombre, qui aboutit à la lumière…mais sans la prise pas de lumière….
Article du Sud-Ouest
Et quelle ne fut pas ma surprise de recevoir le premier prix du jury, je n’en revenais pas, car de nombreuses pièces exposées me paraissaient bien répondre au thème.
En parallèle au tissage de mes tapis en laine rustique, j’aime travailler des fils fins comme la soie par exemple. Vous allez découvrir plusieurs réalisations créées ces derniers temps.
Chaîne en laine mérinos 9 fils par cm et trame en soie
Mes étoles
Voici plusieurs étoles tissées en laine mérinos et soie.
Sur la même chaîne, trame en soie beige
Il est intéressant de voir qu’avec une même chaîne, les couleurs peuvent changer complètement le tissu.
Voici plusieurs étoles en damassé.
La technique du damassé est basée sur une alternance d’effet chaîne et effet trame. On retrouve souvent des damiers dans le tissu, ce qui donne du relief à la surface.
Dans ce petit film, vous verrez l’arrivée, le déchargement et l’installation de notre cardeuse professionnelle. Elle est maintenant opérationnelle. A nous de faire nos premières expériences.