Dans ce petit film, vous verrez l’arrivée, le déchargement et l’installation de notre cardeuse professionnelle. Elle est maintenant opérationnelle. A nous de faire nos premières expériences.

Dans ce petit film, vous verrez l’arrivée, le déchargement et l’installation de notre cardeuse professionnelle. Elle est maintenant opérationnelle. A nous de faire nos premières expériences.

La voilà, elle est enfin arrivée cette belle cardeuse, attendue depuis 1 an et demi. Et même plutôt que prévu. Dans cet article, vous allez découvrir son installation.

C’est Werner Spycher, le vendeur et Erik le transporteur qui se sont déplacés depuis la Suisse en camion et remorque pour nous l’amener.
Après 14h de voyage, ils sont arrivés à bon port à Eygurande.
Le déchargement fut impressionnant et délicat, mais le beau temps était avec nous.

Ce fut la première étape de déchargement, quand on sait qu’elle pèse 3 tonnes!
Le Manitou conduit par Jean-Michel permit de l’amener dans le local, prévu à son utilité.

Après bien des efforts de ripage et de mise à niveau, la cardeuse est maintenant bien centrée dans le local .



Il ne restait plus qu’à la mettre en route : le moteur démarra au quart de tour. Après tous les points de huilage effectués, nous avons mis une toison grise lavée la semaine précédente et écharpillée par nos soins.
Et c’est à travers les 11 rouleaux de carde que notre laine s’enroula sans effort autour du tambour arrière, en une belle nappe grise, prête à être filée.

Le résultat fut concluant , mais il faudra que l’on fasse nos expériences.

Que de moments intenses et excitants avons nous eu pendant ces 2 jours!
Nous ne pouvons que remercier tous les participants à notre collecte participative, nos partenaires, nos amis pour tout l’aide apportée à la réalisation de ce projet.

Mais c’est maintenant que l’aventure va commencer…
Un tapis de 1m sur 3 m m’a été commandé lors du confinement. Il s’agissait de tisser des bandes de laine feutrées provenant de restes de nappes en feutre aiguilleté machine.
Les nappes ont été découpées en bandes de 2,5cm et tissées de manière aléatoire.
Le résultat a donné un résultat très gonflant et moelleux




Voici un tapis avec un motif tissé fil à fil.
Ce motif représente un pilou : sorte d’écluse en bois que l’on trouve souvent dans les étangs de la Double. Cet instrument permet l’écoulement de l’eau et sert à vidanger les étangs.


Le tissage du motif se fait en soulevant les fils de chaîne à la main. Après chaque passage de trame, je fais un passage en toile avec un fil de lin pour solidifier le tapis.

C’est lors de diverses manifestations agricoles, artisanales ou patrimoniales, que nous avons l’occasion d’exposer et de vendre nos tapis (de 150 à 400 euros selon les dimensions).

Ces manifestations se déroulent dans la Double et à proximité.

Les tapis sont réalisés sur un métier suédois de marque Glimakra de 150cm de largeur. La chaîne est en lin, fibre transformée en Suède. J’espère bientôt pouvoir me procurer cette matière en France.

Ces tapis sont de dimensions diverses, en laine filée main de couleur naturelle.
Vous pouvez voir ci-dessous quelques tapis produits depuis 2018 :



La couleur grise provient d’un mélange cardé de toison noire et blanche.




Le début d’une belle aventure:
Au fil des rencontres avec Thérèse, la question de valoriser sa laine était notre principale discussion. Son rêve était de trouver des artisans qui pourraient travailler sa laine. Il était important pour nous deux, de montrer, que même une laine rustique, comme celle des Sassi Ardia, pouvait être transformée en un produit intéressant.
La mettre en sac, l’expédier en Chine,pour qu’elle soit transformée là-bas pour une bouchée de pain afin que nous puissions consommer bon marché ne correspondait pas à notre éthique.
Thérèse me raconta ses expériences avec la Fée Capeline, chapelière, qui lui fabriqua une série de chapeaux en feutre. De même, Mathilde Grolleau confectionna de nombreuses tentures et tapisseries en feutre.
Dans ma tête germa alors l’idée, de lui tisser un prototype de tapis.

Le projet fut vite adopté. Par contre, je ne pouvais pas en plus, filer sa laine, par manque de temps. Il fallait que Thérèse accepte de se remettre au filage.

Elle se procura rapidement un rouet Ashford spécialement conçu pour filer de la grosse laine. Ainsi, notre partenariat pouvait commencer.
Les Kogis sont un peuple amérindien de Colombie. Ils ont développé leur propre philosophie. Leur vision du monde et de ses lois est bien éloignée de notre société occidentale mercantile.

Eric Julien a eu l’immense privilège d’être sauvé d’un œdème pulmonaire par les Kogis. A leur contact, il a étudié leur façon d’appréhender la vie et les relations entre les êtres vivants et la Terre. En revenant en France, il a fondé l’association Tchendukua. Cette organisation contribue à la restitution des terres ancestrales au profit des peuples de la Sierra Nevada de Santa Marta dans le nord de la Colombie.
Dans son livre Le chemin des neuf mondes, il a notamment écrit ces quelques phrases qui m’ont touchée en plein cœur :
Le métier à tisser incarne le monde.
Il rend l’ordre pensable en offrant une forme aux possibilités. Regarder ou utiliser un métier à tisser, c’est entrer en interaction avec l’univers et les forces cosmiques qui l’animent.
Les Kogis disent que tisser, c’est « penser, c’est mettre les choses en accord les unes avec les autres… »
Tisser pour les Kogis revient donc à construire sa vie dans le cadre d’un ensemble de relations qui permet d’enrouler les pensées et d’être enveloppé dans la sagesse de la vie comme on s’enroule dans un tissu. »
Je tisserai l’étoffe de ma vie, je la tisserai blanche comme un nuage. J’y tisserai un peu de noir, j’y tisserai des épis sombres de maïs, quand le cœur pense, il tisse et les pensées forment une étoffe.
Dans cet article, vous découvrirez comment notre projet de création d’une filière laine dans la Double a vu le jour.

La tonte
Thérèse et Pierre-Paul tondent le troupeau de brebis 2 fois par an, en avril et en octobre.
Notre expérience nous a incité à garder la récolte de la deuxième tonte, fibres de meilleure qualité. En effet, 400 brebis à tondre demandent une équipe de choc !

Le lavage
Après avoir trié les toisons, par qualité et couleur, nous
partons la faire laver en Ariège à la Filature de Niaux, entreprise artisanale, qui fait revivre cette ancienne filature créée en 1867.
Le cardage
Notre voyage n’est pas terminé, encore 4 heures de route, direction le Pays Basque pour arriver à Saare. L’entreprise Iletegia a fait l’acquisition d’une énorme cardeuse et depuis 2014, elle valorise la laine des brebis locales. Mais elle fabrique également des matelas, des couettes, coussins, et produits de décoration.
C’est vrai que cela nous fait de jolies vacances, mais un peu coûteuses… d’où notre réflexion : pourquoi ne pas créer une petite filière laine dans La Double ?
Dans ce but, Thérèse fut alors mandatée pour chercher une cardeuse en Suisse.
Nous l’avons trouvée dans l’Emmental chez Evi et Werner Spycher.

Afin de réaliser notre rêve, nous avons mis en ligne une cagnotte participative afin de payer la machine et son transport. C’est avec joie que nous avons récolté 3000 euros grâce à une soixantaine de participants. Malheureusement, le problème n’est pas encore résolu.
Avec la crise sanitaire, la machine est bloquée en Suisse pour l’instant. Et le transport s’avère compliqué, mais Werner nous a proposé une solution.
L’aventure de création de notre filière laine continue…
Mon atelier abrite 3 métiers à tisser, qui me permettent de naviguer de l’un à l’autre sur des projets différents. Ses nombreuses fenêtres lui donne une belle lumière et face au jardin, je trouve une des sources d’inspiration.

J’aime travailler les fibres brutes, épaisses et passer aux fils fins comme le lin ou la soie.


Depuis 2018, un projet de valorisation de la laine d’une bergère sans terre dans La Double a émergé.
Comment ne pas connaître Thérèse en habitant au cœur de la forêt de La Double ? Une bergère sans terre, menant son troupeau au gré des prairies mises à sa disposition. Elle gagne sa vie grâce à la vente de ses agneaux. Et pourquoi pas aller plus loin et se lancer dans la valorisation de sa laine ? Ce projet avait déjà germé avec Mathilde Grolleau, une feutrière, venue s’installer dans la région avec sa roulotte : de gros cocons feutrés, des tentures, des tapis poilus feutrés et couvertures… Malheureusement, ce projet s’arrête en bon chemin, car Mathilde part pour d’autres aventures.
Thérèse élève des brebis de race Sasi Ardia (brebis des broussailles), une ancienne variété du Pays Basque, race rustique adaptée au tout terrain et toutes saisons, qui sont toute l’année dehors. Elle n’ a pas de bergerie et transhume régulièrement. En plus des Sasi Ardia, elle possède et des Rouge de Roussillon croisées pour la viande.
Les caractéristiques de cette laine se situent dans la longueur des poils très longs (20 à 25 cm), laine plutôt rêche, contrairement à celle des agneaux, bouclée et très douce au toucher. Cette laine était utilisée autrefois pour la confection de matelas et vêtements dans le Pays Basque après avoir été cardée. C’est d’ailleurs un de nos projets.
C’est lors de nos différents partages, que j’eus l’idée de lui faire un prototype de tapis en tissant sa laine une fois filée. Notre projet d’un nouveau partenariat était lancé, Thérèse filant sa laine et moi créant des tapis sur chaîne en lin.

Plusieurs tapis sont sortis du métier avec un motif – signature représentant « un pilou » écluse en bois que l’on trouve dans beaucoup d’étangs de La Double (le motif représenté ci-dessus) permettant de les vider en cas de besoin. Depuis l’été dernier, j’expérimente des teintures végétales pour personnaliser certains tapis, chacun étant différent.
Nous les exposons dans diverses manifestations de la région. Nous avons déjà expédié plusieurs commandes.